Interview : « Notre place n’est pas sur la photo ! »

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Anne Méaux, CBNews Mai 2012

CBN : Comment définiriez-vous votre métier ?
Anne Méaux : Lorsque j’ai monté une entreprise en 1988, j’avais la chance de combiner de solides cultures financière, économique, politique et médiatique. La force d’Image Sept est de parfaitement maîtriser tous ces univers. Mes collaborateurs, – j’y suis très vigilante lors des recrutements -, sont intellectuellement très « construits ». Ils sont souvent issus de Sciences Po, d’une école de commerce ou Normale Sup. Paradoxalement, une seule consultante a fait des études de communication. Je considère même que s’ils ont fait du grec et du latin, c’est un plus. Notre métier n’est pas de faire de la communication pour faire de la communication, mais de mettre mes neurones et ceux de mon équipe au service d’une stratégie d’entreprise. Nous ne sommes pas là pour soigner le « look » des dirigeants d’entreprise : ils n’ont généralement pas besoin de moi pour cela. Notre vraie mission est de les aider à bâtir la meilleure politique de communication pour leur groupe. Cela va de la partie stratégie à la prise en charge des relations presse, en passant par la communication financière, sociale, de crise et les relations institutionnelles. Voilà nos métiers. Notre bonne compréhension des enjeux nous permet parallèlement de travailler avec eux en subsidiarité, en pleine adéquation avec les propres modes de fonctionnement.

CBN : Qu’est ce qui vous passionne dans ce métier ?
Anne Méaux : Être en constante écoute du monde qui nous entoure. Ce métier est passionnant, parce qu’il fait appel au rationnel, mais aussi à l’intelligence émotionnelle. On a face à soi des patrons qui vous expliquent leur entreprise, où ils souhaitent l’emmener, les obstacles qu’ils rencontrent… Parallèlement, ils sont submergés d’informations qui arrivent à la nanoseconde, sans toujours savoir les gérer. Il y a là un exercice intellectuellement très stimulant de compréhension d’un univers très complexe et de hiérarchisation des priorités. La culture générale est essentielle à cette hiérarchisation, de même qu’elle empêche de devenir un barbare brandissant de simples techniques de communication. Nous apportons des solutions sur-mesure, et ne conseillerons jamais la même stratégie à deux entreprises qui exercent le même métier. Cela implique de sentir la psychologie de l’autre et de l’instant. Il faut aussi être audible : c’est bien de conseiller, mais si personne ne vous écoute… C’est un métier très complet et d’une variété formidable : on n’aide pas Hermès dans sa défense contre la prise de contrôle de LVMH, comme on accompagne Robertet, qui fabrique des parfums à Grasse, à se faire connaître. Nous intervenons aussi bien dans l’aide à la construction d’image de grosses PME, que dans les grandes batailles financières. Dans toute vie d’entreprise, il y a des période de paix et parfois des phases agitées qui font grimper l’adrénaline. Je considère que c’est le plus beau métier du monde.